LES EUDISTES
C.J.M.

Accueil

QUI EST JEAN EUDES ?

SON CHAMP D'APOSTOLAT

Les Missions

Dans le langage courant, le terme «MISSION» s'applique d'abord à l'envoi de missionnaires en terres étrangères. Ces missions consistent en un travail complet d'évangélisation: prédication, catéchisme, administration des sacrements, surtout du baptême et de la pénitence. En un mot, le missionnaire travaille à «constituer» une Église.

Les missions de France au XVIIe siècle ne diffèrent guère des missions étrangères, sauf qu'elles s'appliquent à «reconstituer» une Église à l'état d'érosion.

La mission pour Jean Eudes est beaucoup plus qu'une prédication. Il distingue nettement entre «prêcher un carême» et «faire une mission pendant le carême».

«L'an 1638, je fis trois missions [...] La troisième à Pont-l'Évêque, au diocèse de Lisieux durant l'Avent [...] L'an 1639, je prêchai un carême à Pont-l'Évêque, qui fut comme une continuation de la mission que j'y avais faite l'Avent». (1)

Prêcher un carême, c'est faire une «station» et non une «mission».

«Dans les églises paroissiales et les églises conventuelles des villes importantes, il y avait habituellement trois stations au cours de l'année: pendant le Carême, l'octave du Saint-Sacrement et l'Avent.»(2)

Les stations consistaient surtout en des prédications, assez bien rémunérées, dont le but était surtout de rappeler les grandes vérités de la foi et de maintenir la vie chrétienne à l'intérieur d'Églises bien structurées. Saint Jean Eudes a dû prêcher une dizaine de ces stations.

Les missions sont beaucoup plus complexes. Elles sont parfois très longues. «À Rennes... le père Eudes et ses confrères passèrent quatre mois et demi.

On y faisait la prédication, on visitait les malades, on catéchisait les enfants et aussi nombre d'adultes. En plus « partout et toujours les missionnaires exhortent leurs auditeurs à se confesser et les confessent» (3)

Voici un témoignage de Jean Eudes lui-même: (Vasteville, 9 juillet 1659) «Trente missionnaires ne suffiraient pas maintenant tant il vient du monde de tous côtés aux prédications, qui, étant touchés puissamment, sont parfois huit jours autour des confesseurs, auparavant que de pouvoir être confessés. Enfin la bénédiction de Dieu est très abondante en cette mission». (4)

Le souci des âmes n'empêche pas le missionnaire de s'occuper des misères corporelles.

«Quand il faisait mission dans les grandes villes, il établissait des maisons de refuge pour les pauvres et les infirmes ou remettait en bon ordre les anciennes, quand elles étaient en mauvais état.

Là où il ne créait pas d'hôpitaux, Jean Eudes visitait ceux qui existaient».(5)

Les séminaires

Les missions, même les plus fructueuses, avaient souvent des résultats éphémères, faute de pasteurs compétents et zélés. Les prêtres étaient nombreux, mais, souvent, mal préparés et laissés à eux-mêmes. D'où une vie désoeuvrée et parfois scandaleuse chez quelques-uns et un zèle mal éclairé chez d'autres.

«Au cours de ses missions, Jean Eudes constatait souvent le manque de formation spirituelle et pastorale des prêtres. À partir de 1641, (comme les autres missionnaires oratoriens) il prit l'habitude de réunir les clercs à part pendant la mission elle-même. Cela ne suffisait pas; il fallait ouvrir des maisons où ces prêtres apprendraient les exigences de leur vocation, les séminaires.

«Le Concile de Trente en avait demandé la création, et plusieurs essais avaient été tentés en France; ils avaient été décevants. On en vint à penser, vers 1640, qu'il faudrait accueillir dans ces maisons, non des adolescents comme l'envisageait le Concile, mais des adultes déjà déterminés. Ces séminaires accueilleraient donc d'abord des adultes candidats au ministère, en vue de leur donner, avant les ordres, une formation spirituelle et pastorale (les cours de philosophie et de théologie y seront donnés plus tard); et aussi des pasteurs déjà ordonnés, désirant se renouveler dans l'esprit et les fonctions du ministère.

«Tel est le projet que forma Jean Eudes pour la ville de Caen. Richelieu l'encouragea; l'Évêque de Bayeux, Jacques D'Angennes y coopéra. Pour des raisons qui restent mal connues, le père Bourgoing, supérieur de l'Oratoire depuis 1641, s'y opposa; le père Eudes décida de passer outre, quitta l'Oratoire de Caen où il était supérieur, et le 25 mars 1643, fonda avec quelques prêtres la Congrégation de Jésus et Marie (Eudistes) dont le but était d'abord la formation des prêtres puis toute activité apostolique, en particulier, celle des missions à l'intérieur». (6)

Jean Eudes par Le Blond

NOTES:

1- EUDES Jean, Oeuvres complètes,  Paris, P. Lethielleux, 1924
2- GUILLON Clément, En tout, la Volonté de Dieu, Paris, Éditions du Cerf, 1981
3- Du CHESNAY Charles B., Les Missions de Saint Jean Eudes, Paris, 1967
4- EUDES Jean, Oeuvres complète, Paris, P. Lethielleux, 1924, vol. X,  p.431
5- PIOGER André, Un Orateur de l'École française, Saint Jean Eudes, Paris, Bloud et Guay, 1940
6- MILCENT Paul,  Saint Jean Eudes, une conception de la vie en Jésus Christ, Revue "Vie eudiste", 1973, no 8, p. 6
PLAN DE L'EXPOSÉ

Haut de la page