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LES EUDISTES C.J.M. |
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QUI EST JEAN EUDES ?
![]() Baptistère de l'église de Ri où Jean Eudes a été baptisé |
Le petit village de
Ri où naquit Jean Eudes est situé en Normandie au diocèse de Séez à douze kilomètres
d'Argentan. Isaac Eudes fut le seul membre de sa famille à survivre à la peste qui ravagea la Normandie (peut-être celle de 1587). Vers 1597, il trouva, à Ri même, sa future épouse, Marthe Corbin. Leur mariage fut béni de Dieu....une seule joie leur manquait. Après trois ans de mariage, ils n'avaient pas encore d'enfants. Voici comment Jean Eudes lui-même voit les événements qui ont précédé et accompagné sa naissance: « Dieu m'a fait la grâce de me faire naître d'un père et d'une mère de condition médiocre et qui vivaient en sa crainte et dont j'ai tout sujet de croire qu'ils sont morts en sa grâce et en son amour. «Mon père et ma mère ayant été trois ans depuis le commencement de leur mariage sans pouvoir avoir d'enfants...ils firent voeu, en l'honneur de la bienheureuse Vierge, d'aller à Notre-Dame-de-la-Recouvrance, qui est un lieu de dévotion à la même Vierge...; ensuite de quoi ma mère, étant devenue enceinte, fit un pèlerinage avec mon père en la dite chapelle là où ils m'offrirent et me donnèrent à Notre-Seigneur et à Notre-Dame». (1) Jean Eudes était l'aîné de deux frères et de quatre soeurs. Charles Eudes d'Houay devint chirurgien, son frère François Eudes de Mezeray écrivit une Histoire de France et entra à l'Académie française. La vieille maison paternelle de Ri porte encore l'inscription suivante attribuée à Charles: «Nous sommes trois frères, adorateurs de la vérité: l'aîné la prêche, le second l'écrit et moi, je la défendrai jusqu'à mon dernier soupir». L'aînée des filles, Marie, eut quatre enfants, deux garçons et deux filles. Celles-ci entrèrent dans la Congrégation fondée par Jean Eudes: l'Ordre de Notre-Dame-de-Charité. Voyons grandir notre héros: «Étant dans une paroisse où il y avait très peu d'instruction pour le salut et où très peu de personnes communiaient plus souvent qu'à Pâques, j'ai commencé à l'âge de douze ans environ à connaître Dieu.» (1) Malgré tout ce qu'on a dit d'élogieux au sujet de la piété de ses parents, l'instruction religieuse ne semble pas avoir été à l'honneur dans son foyer. «Jean, à quatorze ans, fut envoyé à Caen chez les Jésuites. Il s'y montra bon élève et fervent congréganiste d'une de ces Congrégations de la Sainte Vierge toujours en honneur dans les maisons de la Compagnie de Jésus. Il semblait bien préparé pour faire un jésuite. Il devint oratorien». (2) «Le 19 septembre 1620, il reçoit à Séez, la ville épiscopale du diocèse où il est né, la tonsure et les ordres mineurs. Il pense donc au sacerdoce. Mais il lui faudra quelque temps pour trouver son chemin; le clergé diocésain, souvent fort médiocre, ne l'attire guère, mais il n'envisage pas non plus d'entrer dans la vie religieuse. «Il fait bientôt connaissance d'un institut nouveau, l'Oratoire de Jésus, qui, en 1622, ouvre une maison à Caen. Fondé à Paris, onze ans plus tôt, par Pierre de Bérulle, l'Oratoire n'est pas un ordre religieux, mais une société de prêtres, vivant en communauté, qui propose à ses membres de vivre à fond les exigences d'une vie de prêtre, et veut aussi contribuer au renouveau spirituel et pastoral du clergé». (3) Ici, quelques remarques s'imposent. Ce genre de communautés de prêtres est alors assez nouveau dans l'Église. La Congrégation de Jésus et Marie (les Eudistes) fut établie selon les mêmes principes et munie de structures semblables à celles de l'Oratoire, avec un engagement plus ferme dans l'institut et une insistance particulière sur le service et la formation des prêtres. Le Cardinal de Bérulle, fondateur de l'Oratoire, fut le grand maître spirituel de Jean Eudes. Les écrits de Pierre de Bérulle ont fait école: les grands apôtres et les grands mystiques prêtres et laïcs de cette époque ont trouvé leur expression et ont souvent puisé leur inspiration dans les enseignements du fondateur de l'Oratoire; Jean Eudes est de ce nombre. «À l'Oratoire de Jésus, Jean Eudes trouvait une congrégation sacerdotale dans la ferveur des débuts; on n'y faisait aucun voeu de religion: les obligations de l'ordre de prêtrise et de la vie de communauté traçaient les voies de la perfection; avant d'être prêtre, chacun apprenait à tout référer à Dieu par Jésus-Christ, fils de Marie». (2) Sous la tutelle bienveillante de Bérulle, le père Eudes s'initie à la mission. Il y excelle. Ses succès sont retentissants, mais pas assez durables, faute de prêtres compétents et zélés pour maintenir la flamme. D'urgence il faut fonder un séminaire! Ses supérieurs ne sont pas si pressés. Il procède lui-même à la fondation d'un séminaire à Caen. Vingt ans, jour pour jour, après son entrée à l'Oratoire, soit le 25 mars 1643, Jean Eudes fonde lui-même une nouvelle communauté de prêtres: la Congrégation de Jésus et Marie. |
![]() Jean Eudes passe un anneau au doigt d'une statue de Marie |
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