Je vous livre ici linterview que jai faite avec le P. Michel Gérard.
Père Michel, après
les visites accomplies au long de ces six années, quest-ce qui a
changé dans la Congrégation?
En premier lieu, pour ce qui est positif, je crois que le dynamisme nest pas moindre aujourdhui, comparé à 2001. Je vois des provinces qui ont des projets, y compris les plus anciennes, même si les choses vont plus lentement. Quand jai visité les provinces, jai rencontré des évêques heureux de la collaboration des Eudistes.
Ce qui minquiète le plus est de voir les provinces de lhémisphère nord devenir vieilles et diminuer en nombre. Aussi bien lAmérique du Nord que la France ont des problèmes de vocations vraiment sérieux. Dans lhémisphère sud, pour ce qui est de la formation des personnes, il y a aussi une certaine fragilité et un défaut daccompagnement. Il y a des vocations, mais aussi des crises nombreuses. Je sais bien que le matérialisme présent dans lhémisphère Nord se transplante dans lhémisphère sud en raison de la mondialisation. Ce ne sera pas facile aussi bien en Afrique qu'en Amérique latine.
Vous passerez dans lhistoire comme
le Supérieur général qui a rendu possible la vice-province
dAfrique, comme celui qui a conduit la Congrégation aux Philippines,
et qui crée la Région Minuto de Dios, dans le but den faire
une nouvelle Province. Tout cela dans des contextes divers : Asie, Afrique et
Amérique Latine. Que signifie pour vous lagrandissement des frontières
de la Congrégation?
Aller en Asie était déjà
un rêve au temps de saint Jean Eudes. Actuellement, on voit lAsie
comme le continent de lavenir. Dans toutes les Congrégations on dit
quil y a là-bas des personnes à qui ont doit apporter lévangile
de Jésus-Christ.
Comme nous avions une invitation de lévêque et des surs du Bon-Pasteur, nous nous sommes dit, quaprès tout, nous pourrions tenter laventure. On a depuis le début une équipe interprovinciale, ce qui nest pas si facile, mais je crois que la présence des eudistes là-bas est positive.
Depuis longtemps, nous avions une province France-Afrique. Maintenant, lAfrique est devenue une vice-province, prenant ses distances de la province-mère. Cétait le moment de couper le cordon ombilical et de permettre à lAfrique de croître et dassumer ses responsabilités. Cela ne va pas sans difficultés, mais les choses avancent. Ladolescent grandit et va bien.
En Amérique Latine il est clair quil faut restructurer la présence eudiste. On doit établir des régions vraiment autonomes en Amérque centrale et en certains .Nous avons le porjet de créer une province Minuto de Dios en 2009.
Il y a six ans, jai interviewé le Provincial
de France-Afrique, quelquun de jeune, dynamique, qui ne prenait pas trop
en compte linfluence des années 60. Une chose est dêtre
Provincial de France comme cétait le cas, de voir la Congrégation
à partir de lEurope. Maintenant que vous connaissez lensemble
des uvres, comment votre vision sest-elle élargie?
Cela
a été pour moi certainement une totale découverte. Un mois
après mon élection, je me trouvais à faire la visite en Colombie
pour la nomination du supérieur provincial. Ce fut une première
rencontre et une découverte. Javais des limites avec la langue espagnole
jen ai encore ! mais un peu moins.
Lexpérience ma permis de connaître la réalité de la grande famille eudiste, les difficultés et les atouts de mes frères eudistes. Mon regard sest ouvert sur ce que vivent les confrères et sur le monde. Finalement chacun porte avec soi les difficultés des uns et des autres.
Je me rends compte aujourdhui que la richesse de la Congrégation est sa grande diversité, et en même temps le désir chez tous de faire croître le Règne de Jésus. Chacun le dit à sa manière et vit cette diversité.
Quels seraient les enjeux
pour vous comme supérieur général et son administration ?
Nous disions depuis six ans quon a besoin dune fidélité au charisme de la fondation. Je crois que cest toujours vrai. Jai limpression quil ne sagit pas de perdre confiance, mais dêtre responsable.
Le prochain général doit prêter attention à
ce quil fait. Je crois quon doit faire des gestes concrets les prochaines
années pour refonder notre Congrégation au début du XXI°
siècle.
On parle beaucoup de la Congrégation. Je crois quelle
croitra vraiment à partir de lentraide mutuelle, le travail ensemble
et un esprit de Congrégation.
Nous demandons au Seigneur de
guider chacun des pas que nous ferons durant ce nouveau mandat du P. Michel. Nous
nous unissons à la joie de la Congrégation, laquelle en fête
et en prière implore lEsprit de sagesse et de discernement pour quil
continue danimer le service délicat et humble de notre supérieur
général. Vive Jésus et Marie, supérieurs de notre
« petite congrégation ».