ASSEMBLEE
Aujourd’hui, 11 août, est une date historique pour la famille eudiste. Après avoir rejoint dans une ambiance de prière l’abbaye bénédictine de St-Benoît-du-Lac, et d’y vivre un moment de récollection sous la conduite du P. Rénald Hébert, président de l’élection, le P. Michel Gérard a été réélu comme supérieur général de la Congrégation de Jésus et Marie pour une nouveau mandat 2007-2013.

Je vous livre ici l’interview que j’ai faite avec le P. Michel Gérard.


Père Michel, après les visites accomplies au long de ces six années, qu’est-ce qui a changé dans la Congrégation?

En premier lieu, pour ce qui est positif, je crois que le dynamisme n’est pas moindre aujourd’hui, comparé à 2001. Je vois des provinces qui ont des projets, y compris les plus anciennes, même si les choses vont plus lentement. Quand j’ai visité les provinces, j’ai rencontré des évêques heureux de la collaboration des Eudistes.

Ce qui m’inquiète le plus est de voir les provinces de l’hémisphère nord devenir vieilles et diminuer en nombre. Aussi bien l’Amérique du Nord que la France ont des problèmes de vocations vraiment sérieux. Dans l’hémisphère sud, pour ce qui est de la formation des personnes, il y a aussi une certaine fragilité et un défaut d’accompagnement. Il y a des vocations, mais aussi des crises nombreuses. Je sais bien que le matérialisme présent dans l’hémisphère Nord se transplante dans l’hémisphère sud en raison de la mondialisation. Ce ne sera pas facile aussi bien en Afrique qu'en Amérique latine.


Vous passerez dans l’histoire comme le Supérieur général qui a rendu possible la vice-province d’Afrique, comme celui qui a conduit la Congrégation aux Philippines, et qui crée la Région Minuto de Dios, dans le but d’en faire une nouvelle Province. Tout cela dans des contextes divers : Asie, Afrique et Amérique Latine. Que signifie pour vous l’agrandissement des frontières de la Congrégation?


Aller en Asie était déjà un rêve au temps de saint Jean Eudes. Actuellement, on voit l’Asie comme le continent de l’avenir. Dans toutes les Congrégations on dit qu’il y a là-bas des personnes à qui ont doit apporter l’évangile de Jésus-Christ.

Comme nous avions une invitation de l’évêque et des sœurs du Bon-Pasteur, nous nous sommes dit, qu’après tout, nous pourrions tenter l’aventure. On a depuis le début une équipe interprovinciale, ce qui n’est pas si facile, mais je crois que la présence des eudistes là-bas est positive.

Depuis longtemps, nous avions une province France-Afrique. Maintenant, l’Afrique est devenue une vice-province, prenant ses distances de la province-mère. C’était le moment de couper le cordon ombilical et de permettre à l’Afrique de croître et d’assumer ses responsabilités. Cela ne va pas sans difficultés, mais les choses avancent. L’adolescent grandit et va bien.

En Amérique Latine il est clair qu’il faut restructurer la présence eudiste. On doit établir des régions vraiment autonomes en Amérque centrale et en certains .Nous avons le porjet de créer une province Minuto de Dios en 2009.


Il y a six ans, j’ai interviewé le Provincial de France-Afrique, quelqu’un de jeune, dynamique, qui ne prenait pas trop en compte l’influence des années 60. Une chose est d’être Provincial de France comme c’était le cas, de voir la Congrégation à partir de l’Europe. Maintenant que vous connaissez l’ensemble des œuvres, comment votre vision s’est-elle élargie?


Cela a été pour moi certainement une totale découverte. Un mois après mon élection, je me trouvais à faire la visite en Colombie pour la nomination du supérieur provincial. Ce fut une première rencontre et une découverte. J’avais des limites avec la langue espagnole – j’en ai encore ! – mais un peu moins.

L’expérience m’a permis de connaître la réalité de la grande famille eudiste, les difficultés et les atouts de mes frères eudistes. Mon regard s’est ouvert sur ce que vivent les confrères et sur le monde. Finalement chacun porte avec soi les difficultés des uns et des autres.

Je me rends compte aujourd’hui que la richesse de la Congrégation est sa grande diversité, et en même temps le désir chez tous de faire croître le Règne de Jésus. Chacun le dit à sa manière et vit cette diversité.


Quels seraient les enjeux pour vous comme supérieur général et son administration ?

Nous disions depuis six ans qu’on a besoin d’une fidélité au charisme de la fondation. Je crois que c’est toujours vrai. J’ai l’impression qu’il ne s’agit pas de perdre confiance, mais d’être responsable.

Le prochain général doit prêter attention à ce qu’il fait. Je crois qu’on doit faire des gestes concrets les prochaines années pour refonder notre Congrégation au début du XXI° siècle.
On parle beaucoup de la Congrégation. Je crois qu’elle croitra vraiment à partir de l’entraide mutuelle, le travail ensemble et un esprit de Congrégation.


Nous demandons au Seigneur de guider chacun des pas que nous ferons durant ce nouveau mandat du P. Michel. Nous nous unissons à la joie de la Congrégation, laquelle en fête et en prière implore l’Esprit de sagesse et de discernement pour qu’il continue d’animer le service délicat et humble de notre supérieur général. Vive Jésus et Marie, supérieurs de notre « petite congrégation ».


GÉNÉRALE