Ma mère a relaté dans son journal que son "petit gars", comme elle l'appelait, lui dit un jour dans la candeur de ses quatre ans: "Peut-être vous seriez ennuyée si je n'étais plus là ? "
Le "petit gars" a toujours gardé, la même curiosité, un peu inquiète dans ses relations... y compris avec Dieu. Comme pouvait le faire un enfant, peu sûr de ses sentiments, parfois obscurcis et troublés et n'osant pas trop croire aux bons sentiments à son égard.
Lui aussi est toujours tenté de poser deux questions exprimant son espérance confiante, sur un fond d'inquiétude : "N'est-ce pas que vous m'aimez ?" et " N'est-ce pas que je vous aime ?"
C'est l'attitude de Saint Pierre retrouvant Jésus, après l'avoir renié, inquiet de son insistance : "Tu sais bien que je t'aime !" C'est l'attitude souvent traduite par les psalmistes. A cause de cela, sans doute, entre toutes les prières, j'aime revenir au psaume 118. Ses 176 versets ont pour moi ce sens d'une profonde et sereine confiance malgré tant de motifs de défiances d'inquiétudes et tant d'incertitudes.
Le psaume 118 est la célébration de la Loi de Dieu par un fidèle qui veut éperdument tout parier sur elle, quels que soient les motifs de doutes et les risques des conséquences.
Étant entendu que pour les fidèles du Nouveau Testament l'expression "Loi de Dieu" et ses différents équivalents dans chaque verset de ce psaume évoque Dieu lui même, Jésus Christ, son Évangiles et son Église.
Mon
Dieu, peut-être vous seriez ennuyé
si je ne vous aimais pas.