QUAND J'AI DIT OUI

Quand j'ai dit oui à l'existence,
Quand j'ai dit oui à l'espérance,
Alors, du tréfonds de mon coeur
Est monté comme du bonheur.

Quand j'ai dit oui à ma mission,
Oui à ma sainte vocation,
Alors, du tréfonds de mon coeur
Est monté comme du bonheur.

Quand j'ai dit oui à l'amitié,
Quand j'ai dit oui à la pitié,
Alors, du tréfonds de mon coeur
Est monté comme du bonheur.

Quand j'ai dit oui à la vieillesse,
Quand j'ai dit oui à ma faiblesse,
Alors, du tréfonds de mon cœur
Est monté comme du bonheur.

Quand j'ai dit oui à mon Seigneur,
Quand j'ai dit oui de tout mon cœur,
Alors, du tréfonds de mon cœur
A jailli le chant du bonheur.

Quand j'ai dit oui jusqu'à la croix,
Ma petite part de sa Croix,
Alors, du tréfonds de mon cœur
A jailli le chant du bonheur.

Mais quand j'ai refermé mon coeur,
Quand j'ai serré comme une proie
Ce que j'appelais mon bonheur
Alors, j'ai dit non à la joie.
Je redirai oui au Seigneur,
A tous les signes qu'il m'envoie;
Je lui redonnerai mon cœur,
Mon cœur grand ouvert à sa joie.

O joie, mystère inaccessible,
Joie qui laisse tout étonné,
Joie obscure, joie indicible,
Joie que Jésus seul peut donner.

Joie parfois sereine et paisible:
Tendresse, douceur et bonté ;
Dans la tourmente, joie terrible,
Joie trop dure au cœur révolté.

Dans les moments les plus pénibles,
Joie que rien ne peut arracher ;
Joie qui n'est pas incompatible
Avec l'aiguillon du péché.

Joie trop belle, joie impossible,
Joie qui, pourtant, m'a submergé,
Joie d'une force irrésistible:
Ta joie, Jésus, mon bien-aimé!

Père Emmanuel Bonnet

Dinard, mai-juin 1994

Retour à la table