LA VAGUE

Écrit pour mon frère Gabriel la veille de sa mort

En sa ronde,
Elle gronde
Et déferle et frappe sans pitié.

Elle roule
Et s'écroule,
Puis s'apaise, murmure à nos pieds,

Se reforme,
Plus énorme,
Fait vacarme comme une insensée.

Sur le sable,
Inlassable,
Elle gagne en lentes avancées.

Et sa danse
Recommence,
Régulière comme un balancier.

Imposante
Et puissante,
Cette vague n'est pas la moitié,

Et pas même
Le centième
De la vague de mon amitié!

Dinard, 17 septembre 1993.