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ALLEGRO
VIVACE Pour ma sur Hélène,
le jour de ses quatre-vingts ans. Au jardin
de mon cur, quelle belle saison ! Tout est neuf, tout fleurit, tout chante,
tout espère ! Dans l'immense concert, joyeux, s'élève
un son, Ma note : flûte à bec, ou poème, ou prière. Est-il
alleluia plus beau que la chanson Naïve et sans apprêt, légère,
libre et claire, Que module en riant mon ami le pinson ? C'est ainsi que
je veux rendre gloire à mon Père. J'étais
devenu vieux, ruminant ma détresse ; Je retrouve, étonné,
l'élan de ma jeunesse, Ce merveilleux trésor enfoui trop longtemps. Mon
pauvre cur usé tressaille en écoutant, Soulevé tout-à-coup
d'une étrange allégresse, Le poète ingénu que j'étais
à huit ans. Dourdan,
14 février 1996
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