Table des poésies.

 

Image du Père Bonnet (Auteur Père Emmanuel Bonnet, eudiste) (suite)

(Auteur Père Emmanuel Bonnet, eudiste)

QUAND J'AI DIT OUI

NUIT OBSCURE

PARADOXES

MA VIE

CANTIQUE DE ZACHARIE

LA VAGUE

DE RAYONS EN RAYONS

L'ABIME FRANCHI

JUSTE ASSEZ

ALLEGRO VIVACE

POESIE DE NOTES

DU LEVANT AU COUCHANT

(Auteur Père Xavier Engelhard, eudiste)

VOEUX

COMMENT JE PRIE !

 

 

 

(Auteur Père Michel Geschwind, eudiste) (1909-1971)(suite)

(Auteur Père Michel Geschind, eudiste) (1909-1971)

LA PIETA DE VILLENEUVE

(Pour voir l'image, cliquez sur le titre)


Le vieux Maître pieux, en un siècle sévère,
A peint, dans sa ferveur, sur le panneau doré,
La Reine des martyrs, l'Apôtre désolé,
La Madeleine en pleurs, le donateur austère.

Tous, ils sont là, tendus, débordants de prière,
Vers cet immense corps pâle et comme brisé
Que les soldats romains tout à l'heure ont laissé,
Pour la dernière fois, à la Vierge, sa Mère.

Mains jointes, front penché, la lèvre douloureuse,
Disant peut-être, encor, quelque ultime berceuse,
Comme on la sent en paix, sans révolte, pourtant,

Car son cœur maternel sait que, dans sa détresse,
Elle porte aujourd'hui sur ses genoux tremblants
Le premier Offertoire et la première Messe.
(8 février 1948)

( Poème paru avec illustration dans " Notre Vie ", 1948 n°3, p. 13)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PRIÈRE POUR TOUS LES JOURS

Lorsque vous avanciez sur la route inégale
Qui devait vous conduire au sanglant Golgotha
On dit que votre cœur apercevait déjà
De mon cœur, ô Jésus, l'aventure banale.

Je ne partirai point dans l'énorme rafale
Où meurent les héros. Mon âme s'éteindra
Un soir, tout simplement. Est-ce donc pour cela
Que jusqu'à l'humble croix votre mort se ravale ?

Le monotone et dur devoir de tous les jours,
Puisque vous en avez, à chacun des détours
Du sentier de la croix, connu la morne histoire,

Nous qui, jeunes, rêvions de monter au Thabor,
Faites-nous préférer ce modeste trésor,
Vivre et mourir pour vous sans soleil et sans gloire.

(Ces 2 poèmes sont parus dans " Reflets ", Versailles, 1972, p. 112-113)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LÉON BARBEY D'AUREVILLY (1809-1876)

DEUX SONNETS

-I- Pourquoi prendre l'essor, ô faible intelligence, Pour contempler le Roi du céleste avenir ? Tu n'es que l'œil d'un homme, et ton Dieu, c'est l'immense Que tous les cieux des cieux ne peuvent contenir !

Proclame aussi, mon cœur, ta stérile impuissance : À l'immortel Amour tu ne saurais t'unir Et pénétrer de Dieu l'impénétrable essence… Contente-toi de le bénir !

O nature de Dieu, triple océan de l'Être, En vain, pour mieux t'aimer, je veux te mieux connaître : Je sais que tu n'es pas ce que j'ose penser ;

Devant l'Être infini mon âme en vain s'agite ; C'est l'oiseau défaillant qui s'étonne et palpite Au bord des vastes mers qu'il ne peut traverser !

II- O Dieu ! De toutes parts vous êtes un abîme De splendeur sans nuage et de félicité. L'éclat mystérieux de votre être sublime Aveugle le regard ivre de sa clarté !…

O Dieu ! Quelle folie à la fois et quel crime De prétendre scruter l'éternelle Beauté ! C'est tenter l'impossible et succomber victime : L'homme a le cœur trop vil pour tant de volupté !

Ce grand Dieu, tout amour et gloire inénarrable, A mis sur sa nature un voile impénétrable : La foi le teint pour nous d'un heureux demi-jour,

Mais ce reflet si pur qui d'en haut nous éclaire Suffit à notre exil… Gloire à Dieu ! le mystère Enfante le désir, et le désir l'amour !

1851 (Poèmes cités par le P.Dauphin dans Un poète apôtre tome 2, p. 36 et 37)