| Retour liste | Eudistes - Province de France
| * | ||
|
L'itinéraire | Point de départ | Une marche vers la conversion | La rencontre | La conversion | A la suite du Christ | La communion | ||||
| SUR
LES PAS DE SAINT JEAN EUDES
Conversion et communion sont vécues simultanément dans une unique expérience ; elles sont présentées ici séparément dans un but pédagogique. Il convient de rappeler une vérité fondamentale : ce ne sont pas nos propres efforts qui nous feront parvenir, par ce chemin, jusqu'à la communion avec Dieu et avec les hommes, c'est la grâce, la puissance de l'Esprit qui se déploie en nous. La pédagogie de cet instrument consiste à permettre une confrontation de l'expérience spirituelle de saint Jean Eudes avec notre propre expérience, et d'éclairer par-là notre vie chrétienne et eudiste. Ce matériel pédagogique fournit l'occasion de parcourir de grands textes de saint Jean Eudes extraits du Mémorial des bienfaits de Dieu, du Contrat de l'homme avec Dieu par le saint baptême, de Vie et Royaume, du Mémorial de la Vie ecclésiastique, Le Cur admirable, des Lettres. Cet instrument pédagogique s'adresse à de nombreux destinataires. On peut l'utiliser au cours d'une retraite ou d'une session de spiritualité. Il peut permettre aux candidats à la Congrégation, notamment durant le temps spécial de probation (Const. 69), de découvrir l'expérience spirituelle eudiste. Il convient aussi comme programme de formation pour les Associés. Plus largement, on pourrait l'utiliser comme cours de base sur la spiritualité eudiste destiné aux membres de la Grande Famille, ainsi qu'aux personnes avec lesquelles nous exerçons notre mission.
La mise en uvre de l'instrument repose sur un animateur, le cas échéant sur une équipe d'animation. L'animateur prépare le matériel qu'il considère utile et nécessaire. Il doit présenter brièvement les textes et les remettre ensuite aux participants. Ceux-ci, de leur côté, sont invités à bien assimiler les textes de saint Jean Eudes et à réaliser les exercices indiqués par l'animateur. Les textes de saint Jean Eudes présentés dans cet instrument sont considérés comme fondamentaux pour les personnes qui pratiquent cet itinéraire pour la première fois. L'animateur a la possibilité d'en choisir d'autres lorsque l'itinéraire est répété avec des personnes qui l'ont déjà travaillé en d'autres circonstances. Dans ce cas, il convient de choisir spécialement d'autres textes sur la vie chrétienne comme continuation de la vie de Jésus, sur le prêtre comme continuateur de la mission de Jésus, sur le Cur comme communion à l'amour de Jésus Christ, et d'autres lettres montrant un style de vie qui nous conduit à faire toujours et en tout la volonté de Dieu. Laissons le témoignage de saint Jean Eudes faire progresser nos vies sur ce chemin spirituel et renouveler ainsi notre vie chrétienne et notre mission de baptisés. Plan de l'itinéraire Point de départ : Le monde de Jean Eudes et le nôtre L'itinéraire
: une marche vers la conversion, une marche vers la communion Point d'arrivée : un style
de vie
a) Aspect économique : L'économie est centrée sur le pouvoir du roi. Les grands possèdent, les autres non. Les guerres ont laissé la France appauvrie. On vit réellement une situation de pauvreté. b) Aspect religieux : La religion est centrée sur la papauté et sur les cardinaux ministres comme Richelieu et Mazarin. Le clergé est divisé en haut clergé (le Pape et les évêques) et bas clergé (les prêtres). Le peuple vit dans l'ignorance religieuse et l'immoralité. c) Aspect social : La France est divisée en classes sociales bien marquées. D'un côté il y a le roi et sa cour qui vivent dans l'opulence, et de l'autre il y a les nobles et les paysans, les soldats et le peuple qui vit dans une extrême pauvreté. d) Aspect politique : La monarchie domine ; le gouvernement est vertical. Le peuple est opprimé et vit dans la soumission.
On recueille les fruits désastreux de quarante années de guerres de religion, mais les affrontements entre Catholiques et Protestants se poursuivent. C'est pourquoi on voit une grande ardeur missionnaire se déployer. Au cours de ce siècle, la population souffre du fléau de la peste et de l'extrême pauvreté qui conduit des femmes à se prostituer, tandis que les classes privilégiées vivent dans le luxe et le confort. Mais il n'en reste pas moins vrai que la plus grande maladie et pauvreté est celle qui sévit au sein même du christianisme : les baptisés ne savent pas ce que c'est que d'être chrétien et ils tournent le dos aux engagements de leur baptême ; les prêtres, pour leur part, ne savent pas ce qu'est leur sacerdoce et ils tournent le dos à leurs engagements sacerdotaux.
L'École Française de Spiritualité Cette école de spiritualité se présente comme une réponse spirituelle à la situation du XVIIème siècle français. Cette situation de la France au XVIIème siècle a été à l'origine d'un groupe de spirituels qui s'efforcèrent d'y apporter une réponse en invitant leurs contemporains à : 1 - Prendre
fortement conscience de la grandeur de Dieu. Les spirituels appartenant à cette école sont : Pierre de Bérulle, fondateur de l'Oratoire, et ses disciples Charles de Condren, Jean-Jacques Olier, saint Jean Eudes et saint Vincent de Paul.
Les réponses de cette première
section peuvent donner lieu à un dialogue communautaire. L'ITINÉRAIRE
: Une marche vers la conversion
On dit que la foi entre par l'oreille. Le fonctionnaire éthiopien dit à Philippe : "Comment pourrais-je comprendre ce que je lis (il était en train de lire le livre d'Isaïe) si personne ne m'éclaire ? " (Ac 8,31). C'est dire la nécessité de la formation dans la vie chrétienne, la nécessité du témoignage d'autres frères pour parvenir à connaître et à suivre le Seigneur Jésus Christ. Tel était le sens du rite antique de l'Ephphata dans la célébration du baptême. Pour parvenir à la conversion, il est indispensable qu'il y ait une période d'évangélisation, que l'on appelle techniquement kérygme et catéchèse. Par ce terme de formation, nous voulons désigner la démarche de formation vécue par saint Jean Eudes, démarche que chaque chrétien est appelé à vivre. Nous nous laissons guider ici par quelques textes du Mémorial des Bienfaits de Dieu (les numéros entre parenthèses renvoient aux numéros du Mémorial) La formation de Jean Eudes La famille :
"Les années 1625 et 1626, Dieu m'ayant donné une infirmité corporelle qui m'empêchait de travailler extérieurement, il me donna ces deux années pour les employer en la retraite, et pour vaquer à l'oraison, à la lecture des livres de piété, et en d'autres exercices spirituels : ce qui me fut une grâce très particulière, dont je dois bénir et remercier éternellement sa divine bonté. Je chanterai éternellement les miséricordes du Seigneur" (17). "L'an 1632, je fus employé aux missions dans le diocèse de Coutances, à Lessay, à Périers, à Saint-Sauveur-le-Vicomte, à la Haye-du-Puits, à Cherbourg, à Montebourg. Chantez au Seigneur un cantique nouveau, chantez au Seigneur toute la terre" (20). Notre formation spirituelle A l'exemple de saint Jean Eudes, qui nous raconte comment il a été marqué au cours de sa formation chrétienne, prenez conscience de la vôtre : quelles personnes et expériences vous ont marqué au cours de votre formation chrétienne ? Les réponses peuvent être partagées lorsque tout le groupe est assemblé. L'animateur souligne les interventions et invite à l'action de grâce. 2. LA RENCONTRE Ceux qui ont été évangélisés, ceux qui ont écouté la Parole, le témoignage de quelqu'un, ceux qui ont reçu une bonne formation chrétienne se trouvent au seuil d'une expérience merveilleuse : la rencontre personnelle avec Jésus Christ. Ils sont en mesure de vivre une rencontre avec Jésus et Marie. Dans le Mémorial des Bienfaits de Dieu, Jean Eudes nous décrit sa rencontre avec Jésus et aussi avec Marie : il ne sépare jamais Jésus de Marie, ni Marie de Jésus. Il s'agit ici de lire la vie de Jean Eudes à partir de cette expérience spirituelle, de découvrir avec lui comment Jésus et Marie ont été présents aux grands moments de son existence.
Il est conçu et il naît
sous la protection de Marie :
Le Mémorial est donc un livre qui rapporte la présence de Jésus et Marie dans la vie de saint Jean Eudes, qui rapporte, pour ainsi dire, les diverses rencontres de Jean Eudes avec Jésus et Marie. Ce livre nous montre la sensibilité spirituelle de Jean Eudes ; il nous fait voir combien il est attentif à son histoire, aux signes des temps grâce auxquels il lit la présence de Dieu et son intervention dans sa propre vie et dans sa propre histoire. Notre propre Rencontre avec Dieu : notre propre Mémorial. Écrivez votre propre Mémorial, en faisant un effort pour découvrir la présence de Dieu dans votre histoire personnelle. Des éléments de ces Mémoriaux peuvent être partagés lorsque le groupe est assemblé. L'animateur souligne les interventions et invite à rendre grâce à Dieu.
La conversion ne s'obtient pas une fois pour toutes. Elle est une démarche qui engage toute notre vie. Il s'agit ici de considérer la doctrine du baptême chez Jean Eudes, spécialement dans le "Contrat", afin de redécouvrir les grandes valeurs de notre baptême et de nous engager à en vivre, à travers des gestes concrets, avec la grâce de Dieu.
La conversion est marquée par le baptême. Jean Eudes va être un éminent théologien du baptême, un pasteur du baptême, un homme profondément soucieux de le vivre et de le prêcher. Toute sa doctrine est une invitation à vivre profondément le baptême comme Renoncement et Adhésion. Se convertir a été le grand appel lancé par l'Ecole Française, et spécialement par Jean Eudes, aux hommes et aux femmes de cette époque. C'est pour cela qu'il a consacré sa vie aux missions. C'est pour cela qu'il a fondé Notre-Dame de Charité et la Congrégation de Jésus et Marie. C'est pour cela qu'il a composé tant de livres et d'offices liturgiques. Jean Eudes nous parle du baptême à bien des reprises dans ses ouvrages (cf. P. MILCENT, Le Baptême, textes choisis de saint Jean Eudes, coll. Foi Vivante, Le Cerf, 1991). L'animateur prépare à l'avance des textes sur le baptême, spécialement dans Le Contrat, pour les présenter et les partager avec le groupe. Il peut expliquer cet ouvrage, ou permettre aux participants de le lire ou encore sélectionner quelques extraits et les photocopier, etc. Renouveler nos promesses et notre engagement dans le contrat du baptême Après avoir étudié le thème de la conversion et du baptême, surtout dans Le contrat de l'homme avec Dieu, on invite les participants à élaborer un contrat avec Dieu sur une feuille de papier ; puis, dans une célébration toute simple, on leur demande de renouveler leurs promesses baptismales, de lire leur contrat à haute voix devant le groupe, qui est témoin, et de le signer.
Jésus, je t'adore comme mon Chef que je dois suivre
et imiter en toutes choses, selon la profession publique et solennelle que j'en
ai faite au Baptême et que je veux renouveler aujourd'hui.
On peut suivre le Christ de deux manières : comme chrétiens, c'est-à-dire comme baptisés, et comme prêtres, c'est-à-dire comme baptisés et ordonnés. Suivre
le Christ comme baptisés et ordonnés,
"Jésus, Fils de Dieu et Fils de l'homme, Roi des hommes et des anges, n'étant pas seulement notre Dieu, notre Sauveur et notre souverain Seigneur, mais même étant notre chef, et nous étant ses membres et son corps, comme parle saint Paul, os de ses os et chair de sa chair (Ep 5,30), et par conséquent étant unis avec lui de l'union la plus intime qui puisse être, telle qu'est celle des membres avec leur chef ; unis à lui spirituellement par la foi et par la grâce qu'il nous a donnée au saint baptême ; unis avec lui corporellement par l'union de son très saint corps avec le nôtre en la sainte eucharistie ; il s'ensuit de là nécessairement que, comme les membres sont animés de l'esprit de leur chef et vivants de sa vie, aussi nous devons être animés de l'esprit de Jésus, vivre de sa vie, marcher dans ses voies, être revêtus de ses sentiments et inclinations, faire toutes nos actions dans les dispositions et intentions dans lesquelles il faisait les siennes ; en un mot, continuer et accomplir la vie, la religion et la dévotion qu'il a exercée sur la terre... " Ce qui précède signifie "que Jésus Christ doit être vivant en nous ; que nous ne devons point vivre sinon en lui ? que sa vie doit être notre vie, que notre vie doit être une continuation et expression de sa vie, et que nous n'avons point de droit de vivre en la terre, que pour porter, manifester, sanctifier, glorifier, et faire vivre et régner en nous le nom, la vie, les qualités et perfections, les dispositions et inclinations, les vertus et actions de Jésus". "Saint Paul
dit qu'il accomplit ce qui manque aux souffrances de Jésus Christ pour
son corps, qui est l'Église (Col 1,24) ; et ce que saint Paul dit de soi-même,
on le peut dire de chaque vrai chrétien, lorsqu'il souffre quelque chose
avec esprit de soumission et d'amour vers Dieu. Et ce que saint Paul dit des souffrances,
on le peut dire de toutes les autres actions qu'un chrétien fait en la
terre. Car, comme saint Paul nous assure qu'il accomplit les souffrances de Jésus
Christ, aussi on peut dire en vérité qu'un vrai chrétien,
qui est membre de Jésus Christ et qui est uni avec lui par sa grâce,
continue et accomplit, par toutes les actions qu'il fait en l'esprit de Jésus
Christ, les actions que le même Jésus Christ a faites durant le temps
de sa vie passible sur la terre.
"Je vous envoie comme mon Père m'a envoyé (Jn 20,21), c'est-à-dire je vous envoie pour la même fin pour laquelle mon Père m'a envoyé ; pour annoncer le même Évangile que j'ai annoncé ; pour dispenser les mêmes mystères et les mêmes grâces que j'ai dispensées ; pour faire et pour administrer les mêmes sacrements que j'ai institués ; pour offrir à Dieu le même sacrifice que je lui ai offert ; pour dissiper les ténèbres de l'enfer qui couvrent la face de la terre ; pour y répandre la lumière du ciel, pour y détruire la tyrannie de Satan, pour y établir le règne de Dieu, et enfin pour exercer en la terre les mêmes fonctions sacerdotales que j'y ai exercées, et pour y continuer et accomplir l'uvre de la rédemption du monde, et aussi pour y continuer la même vie que j'y ai menée et les mêmes vertus que j'y ai pratiquées" (O.C. III, 11-12). Notre marche à la suite du Christ aujourd'hui Pour évaluer votre marche à la suite du Christ, considérez bien les propositions suivantes : 1. Être chrétien, ce n'est pas simplement
croire en Dieu. Discutez avec quelqu'un pour voir si vous êtes ou non d'accord avec ces différentes propositions, et pour quelles raisons.
a. Lesquels
de ces points réalisez-vous le plus souvent ? 5. LA COMMUNION Quand un disciple s'est engagé sérieusement à la suite de Jésus Christ, quand il s'efforce de continuer et d'accomplir dans sa propre vie les états et mystères de sa vie, il est appelé à être transfiguré, configuré au Seigneur, à entrer dans une communion intime avec lui et, par-là, avec ses frères ("Si quelqu'un dit : "J'aime Dieu" et qu'il déteste son frère, c'est un menteur : celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne saurait aimer le Dieu qu'il ne voit pas" (1Jn 4,20). Cette communion s'exprime dans la spiritualité eudiste par le moyen du mot Cur. Il s'agit de parvenir à n'avoir plus qu'un seul cur avec Jésus et Marie, ainsi qu'avec ses frères. La Configuration au Christ Le Cur de Marie comme modèle. Pour la spiritualité eudiste, personne n'a mieux communié avec le Christ que Marie : "O Jésus, Fils unique de Dieu, Fils unique de Marie, je vous contemple et adore comme vivant et régnant en votre très sainte Mère, et comme celui qui êtes tout et qui faites tout en elle. Car si, selon la parole apostolique, vous êtes tout et faites tout en toutes choses (Ep 1,23 ; 1Co 12,6), certes vous êtes tout et faites tout en votre très sacrée Mère. Vous êtes sa vie, son âme, son cur, son esprit, son trésor. Vous êtes en elle, la sanctifiant en la terre et la glorifiant au ciel. Vous êtes en elle, la sanctifiant en la terre et la glorifiant au ciel. Vous êtes en elle, y opérant choses plus grandes, et vous rendant une plus grande gloire en elle et par elle, qu'en toutes les autres créatures du ciel et de la terre. Vous êtes en elle, la revêtant de vos qualités et perfections, de vos inclinations et dispositions, y imprimant une image très parfaite de vous-même, de tous vos états, mystères et vertus, et la rendant tellement semblable à vous que qui voit Jésus, voit Marie, et qui voit Marie, voit Jésus" (O.C. I, 432-433). "Encore
que le cur représente tout l'intérieur de l'homme, il signifie
pourtant principalement l'amour. C'est pourquoi, lorsque nous honorons le Cur
de Marie, nous ne rappelons pas un mystère, une action ou une qualité,
pas même la très digne personne de la très sainte Vierge,
mais la source et l'origine de tout cela, à savoir son amour et sa charité. Vous tous qui avez soif, venez boire des eaux de ma fontaine. Pourquoi hésitez-vous ? Avez-vous peur de rabaisser la bonté de votre Rédempteur lorsque vous vous tournez vers le Cur de sa Mère ? Car d'elle-même et par elle-même elle n'est rien, mais son Fils Jésus est tout en elle. Non seulement Jésus vit et demeure continuellement dans le Cur de Marie, mais il est lui-même le Cur de son Cur. C'est pourquoi s'approcher du Cur de Marie, c'est rencontrer Jésus ; honorer le Cur de Marie, c'est invoquer Jésus. Ce Cur admirable est l'exemplaire et le modèle de nos curs ; et la perfection chrétienne consiste à devenir de vivantes images du saint Cur de Marie. Et comme le Père éternel a donné à Marie le pouvoir de concevoir son Fils et dans son Cur et dans son sein virginal, aussi il lui a donné puissance au même temps de le former et de le faire naître dans les curs des enfants d'Adam. Ainsi, elle collabore à l'uvre de notre salut en employant avec un amour incroyable ce pouvoir spécial. Et comme elle a porté et portera éternellement son Fils Jésus dans son Cur, elle a porté et portera toujours avec lui tous les membres de ce divin Chef, comme ses enfants bien-aimés et comme le fruit de son Cur maternel, dont elle fait une oblation continuelle et un sacrifice perpétuel à la divine Majesté" (O.C. VI, 148, 182 ; VIII, 431).
"O mon Dieu, que votre bonté est excessive, que votre amour est admirable vers nous ! Vous êtes infiniment digne d'être aimé, loué et glorifié ; nous avons une infinité d'obligations de vous aimer et glorifier ; mais parce que nous n'avons point de cur ni d'esprit qui soit ni digne ni capable de nous acquitter de ces obligations, votre sagesse incompréhensible nous a trouvés, et votre bonté immense nous a donné un moyen admirable pour y satisfaire pleinement et parfaitement : c'est que vous nous avez donné l'Esprit et le Cur de votre Fils, qui est votre propre Esprit et votre propre Cur, et vous nous l'avez donné pour être notre propre esprit et notre propre cur, selon la promesse que vous nous en aviez faite par la bouche de votre Prophète, en ces paroles : "Je vous donnerai un cur nouveau, et je mettrai un esprit nouveau au milieu de vous" (Ez 36,26). Et afin que nous sussions quel était ce cur et cet esprit nouveau que vous nous promettiez, vous avez ajouté : "Je mettrai mon Esprit, qui est mon Cur, au milieu de vous". Il n'y a que l'Esprit et le Cur d'un Dieu qui soient dignes d'aimer et louer un Dieu, et qui soient capables de le bénir et aimer autant qu'il le doit être. Voilà pourquoi, mon Seigneur, vous nous avez donné votre Cur, qui est le Cur de votre Fils Jésus, comme aussi le Cur de sa divine Mère et les curs de tous ses anges et de tous ses saints, qui tous ensemble ne sont qu'un seul cur". Vous qui lisez ces choses... mettez ceci dans votre esprit, que ce Cur vous a été donné "afin que vous serviez et honoriez Dieu et que vous fassiez sa volonté avec un grand cur et un grand amour" (2 M 1,3), c'est-à-dire avec un cur et un amour digne de sa grandeur infinie. Pour cet effet, renoncez à votre propre cur, c'est-à-dire à votre propre esprit, à votre propre volonté et à votre amour-propre ; et donnez-vous à Jésus, pour entrer dans l'immensité de son grand Cur, qui contient le Cur de sa sainte Mère et de tous ses saints, et pour vous perdre dans cet abîme d'amour, de charité, de miséricorde, d'humilité, de pureté, de patience, de soumission et de sainteté. Ne vous contentez pas d'aimer un Dieu infiniment aimable de toute l'étendue de ce petit cur humain... Cela est trop peu de chose, cela n'est rien. Mais aimez-le "Corde magno et animo volenti", de tout votre grand Cur, aimez-le en tout l'amour de votre grand Cur. Quand on vous demandera si vous l'aimez, dites : "Oui, je le veux aimer, et de tout mon grand Cur, et je me donne à lui pour cela". Si vous aimez votre prochain et que vous ayez quelque action de charité à faire, aimez-le et faites pour lui tout ce que vous devez, en la charité de votre grand Cur... S'il faut souffrir quelque chose, que ce soit en l'esprit d'humilité, de patience, de soumission et d'amour de votre grand Cur. Si
vous avez à faire quelque oblation, donation ou sacrifice à Dieu,
de vous-même ou de quelque autre chose, que ce soit en l'esprit d'amour
et de zèle de votre grand Cur... Quand vous direz ces saintes paroles
: "Je vous louerai, Seigneur, de tout mon cur" (Ps 110,1), que
votre intention soit de parler de votre grand Cur. Enfin, quoi que vous
fassiez, faites toutes choses dans l'esprit et dans les dispositions de votre
grand Cur, en renonçant au vôtre et en vous donnant à
Jésus pour agir dans l'esprit qui anime le sien" (O.C. VI, 261-265). Notre consécration au Cur de Jésus L'animateur
fait découvrir aux participants que nous sommes appelés à
faire du Cur du Christ notre Cur et à l'employer comme une
chose qui nous appartient. Nous te saluons, Cur
très saint, POINT
D'ARRIVÉE DE L'ITINÉRAIRE :
En tout la Volonté de Dieu Une lettre de saint Jean Eudes nous est destinée. L'animateur choisit une lettre ; il la présente rapidement puis la remet aux participants. Il peut en choisir une qui mentionne en tout la volonté de Dieu ou une autre liée à une circonstance particulière, dans laquelle il conseille, console, éclaire, encourage, exhorte, etc. comme celle-ci par exemple :
La grâce, la paix et la consolation de Jésus Christ Notre-Seigneur et de sa très sainte Mère soit avec vous pour jamais. Je dois et je veux adorer avec vous la très sainte et très aimable volonté de Dieu, dans l'affliction qu'il lui a plu vous envoyer. Je dois et je veux chérir et aimer sa très juste et très aimable main, qui a frappé votre âme d'un si rude coup, et qui a blessé votre cur d'une plaie si sanglante, puisque cette divine main ne fait rien que par amour vers soi-même, et vers ses créatures qu'elle semble aimer comme soi-même. Néanmoins, il faut que j'avoue que mon âme est remplie de tristesse, et mon cur plein d'angoisse en la pensée de votre agonie. Je ne puis penser à vous et au pitoyable état auquel je vous vois, sans douleur et sans larmes, et je crois que cela m'est permis. Je vois Jésus, la joie du ciel et de la terre, se fondre en larmes et en soupirs à la vue des larmes de Marthe et de Madeleine, qui pleuraient la mort de leur frère. Pourquoi donc ne me sera-t-il pas permis de pleurer en un semblable sujet ? Je veux pleurer avec Jésus, pour honorer les larmes de Jésus. Je veux pleurer avec ceux qui pleurent, selon la parole de son Apôtre (Rm 12,15). Je veux pleurer par les mêmes mouvements et sentiments que Jésus a pleuré. Je veux lui offrir un sacrifice de larmes, en hommage de ses larmes divines et adorables. Offrons-lui, Madame, offrons-lui nos larmes en l'honneur des siennes, prions-le qu'il les sanctifie par les siennes, qu'il les bénisse par les siennes, qu'il les unisse aux siennes... Voilà donc Jésus au milieu de votre cur : il y est désirant porter avec vous la rigueur de votre affliction ; mais il ne peut ni ne veut la porter sans vous. Unissez-vous donc à lui pour la porter avec lui. Unissez votre esprit à son esprit, votre cur à son Cur et votre volonté à la sienne. Portez-la saintement, comme il l'a portée saintement et divinement ; portez-la fortement et courageusement, comme il l'a portée fortement et courageusement... Vous lui avez tant de fois protesté que vous ne souhaitiez rien tant que de l'aimer et de l'honorer ; or vous ne pouvez jamais l'aimer plus parfaitement, ni l'honorer plus saintement que maintenant. Vous pouvez, en ce temps d'affliction, lui rendre plus de gloire et d'amour en un moment, qu'en plusieurs jours d'un temps de consolation. Ne le privez donc pas d'une chose si grande que vous pouvez et devez lui rendre facilement en soumettant votre volonté à la sienne. Il est vrai que cela n'est pas facile à la nature ; mais il est facile à la grâce qui vous est présentée pour cela" Jean Eudes Appréciez la sensibilité de Jean Eudes et la pédagogie qu'il met en uvre pour consoler. Après avoir fait personnellement ce travail, on peut partager avec le groupe rassemblé. Comme toujours, l'animateur, souligne les interventions et s'efforce de synthétiser.
Écrivez une lettre
à saint Jean Eudes en partant de votre situation actuelle. QUELQUES
AIDES POUR LA ROUTE : Nos dévotions aujourd'hui Que chaque participant explique d'une manière pratique comment il vit son expérience de rencontre avec Dieu La dévotion des dévotions : se donner à l'Esprit Saint L'animateur présente et explique le texte ci-dessous comme une synthèse du chemin parcouru : "La pratique des pratiques, le secret des secrets, la dévotion des dévotions, c'est de n'avoir point d'attache à aucune pratique ou exercice particulier de dévotion ; mais avoir un grand soin, dans tous vos exercices et actions, de vous donner au saint Esprit de Jésus, et de vous y donner avec humilité, confiance et détachement de toutes choses" (O.C. I, 452). Que chaque participant, dans une célébration ou une prière, se donne à l'Esprit Saint et fasse l'offrande de soi-même à Dieu et à ses frères. L'animateur organise cette célébration, qui doit être festive, d'une manière créative et dynamique. | ||||