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| MISSIONNAIRES
DE LA MISERICORDE
Il peut être utilisé lors de récollections, de retraites ou pour une animation suivie en communauté, ou encore pour une réflexion individuelle. L'Équipe Interprovinciale
de Spiritualité présente cet instrument selon le souhait exprimé
par l'Assemblée Générale de 1995 :
Dès le début de son ministère, avant même son engagement définitif dans le travail missionnaire, saint Jean Eudes a été mis en situation de compassion et de miséricorde auprès des misères de son temps ; rappelons son service auprès des pestiférés en 1627 et 1631. Sa vie, ses missions, sa fondation de Notre-Dame de Charité, et tout particulièrement son ministère auprès des prêtres en ont été marqués. En cela, il est pour nous un témoin et un maître.
On peut se demander : Quel genre d'homme a pu écrire cela ? Quelle expérience spirituelle est derrière ses choix ? Quelles certitudes il porte-t-il en lui ? C'est dans ce sens que l'animateur présentera les textes. L'instrument emprunte la démarche suivante:
2ème étape : nous nous mettons en contact avec des situations concrètes de misère 3ème étape : saint Jean Eudes nous propose un regard neuf sur la grâce de notre ministère 4ème étape : nous nous engageons à vivre comme missionnaires de la Miséricorde 1ère étape
:
La divine miséricorde est une perfection qui regarde les misères de la créature, pour la soulager et même l'en délivrer. (...) Toutes les choses qui sont dans l'ordre de la nature, dans l'ordre de la grâce et dans l'ordre de la gloire, sont autant d'effets de la divine miséricorde. (...) Mais entre ses effets, il y en a trois principaux, qui en comprennent une infinité d'autres : dont le premier est l'Homme-Dieu ; le second, le Corps mystique de l'Homme-Dieu, qui est la sainte Église ; le troisième, la divine Mère de cet Homme-Dieu, qui est la très sacrée Vierge. Ce sont trois chefs d'uvre admirables de la divine Miséricorde. Car, pour nous délivrer du plus profond abîme de misère et de malédiction qui se puisse imaginer, dans lequel nous nous étions malheureusement précipités, et pour nous élever au plus haut degré de bonheur et de grandeur qui se puisse penser, elle a voulu que le Fils de Dieu se soit fait homme comme nous, mortel et passible comme nous ; qu'il soit venu en la terre ; qu'il ait demeuré et conversé avec nous ; qu'il nous ait enseigné lui?même de sa propre bouche une doctrine toute céleste et divine ; qu'il nous ait donné une loi très sainte et très excellente ; qu'il nous ait appris, par son exemple, de quelle façon nous la devons suivre ; qu'il ait fait des choses grandes et souffert des choses étranges pour notre amour, pendant qu'il a été en ce monde ; qu'il soit mort sur une croix ; qu'il ait été mis dans un sépulcre, qu'il soit ressuscité le troisième jour, qu'il soit demeuré ensuite quarante jours en la terre ; qu'il y ait établi et formé une Église ; que dans cette Église il ait institué un sacerdoce merveilleux, un Sacrifice admirable et plusieurs divins Sacrements ; qu'étant par après monté au ciel, il ait envoyé son Saint?Esprit pour être toujours avec son Église, pour la gouverner et régir en toutes choses... (OC VII, 7-9) Quelle est cette Miséricorde ? C'est notre très bon Sauveur, dit saint Augustin. C'est pourquoi le Père éternel est appelé le Père des miséricordes, parce qu'il est le Père du Verbe incarné, qui est la miséricorde même. C'est cette miséricorde dont le Prophète royal demandait à Dieu, au nom de tout le genre humain, la venue en ce monde par le mystère de l'Incarnation, lorsqu'il disait : Montrez-nous, Seigneur, votre miséricorde, et nous donnez votre Sauveur : (Ps. 84, 8). Car, comme le Verbe incarné est tout amour et tout charité, il est aussi tout miséricorde (...). Trois choses sont requises à la miséricorde : La première est qu'elle ait compassion de la misère d'autrui car celui-là est miséricordieux qui porte dans son cur, par compassion, les misères des misérables. La seconde, qu'elle ait une grande volonté de les secourir dans leurs misères. La troisième, qu'elle passe de la volonté à l'effet. Or notre très bénin Rédempteur s'est incarné pour exercer ainsi vers nous sa grande miséricorde. (OC VIII 52.53)
O
très douce et très pieuse Vierge, regardez des yeux de votre bénignité,
tant de misères et tant de misérables, dont toute la terre est remplie
; tant de pauvres, tant de veuves, tant d'orphelins, tant de malades en toutes
manières, tant de captifs et de prisonniers, tant d'hommes qui sont traversés
et persécutés par la malice des hommes, tant d'indéfendus
qui sont opprimés par la violence de ceux qui sont au-dessus d'eux, tant
de voyageurs et de pèlerins qui sont au milieu des périls, sur la
mer et sur la terre, tant d'ouvriers évangéliques qui sont exposés
à mille dangers pour sauver les âmes qui se perdent, tant d'esprits
affligés, tant de curs angoissés, tant d'âmes travaillées
de diverses tentations, tant d'âmes qui souffrent les tourments épouvantables
du Purgatoire ; mais surtout, tant d'âmes qui sont dans l'état du
péché et de la perdition, qui est la plus effroyable de toutes les
tribulations (...). Des questions pour avancer...
Les réponses peuvent donner lieu à un partage en groupe.
Cette mise en situation peut se réaliser de plusieurs façons. Cependant, dans tous les cas, les participants sont invités à ouvrir leurs yeux, leurs oreilles, leur cur, à se laisser atteindre et toucher, à voir où ils peuvent s'y reconnaître eux-mêmes ; en somme, à se tenir dans une attitude d'accueil en profondeur des personnes, et de Dieu présent en elles, en étant attentifs à ce que l'Esprit Saint suscitera lors de ces rencontres. Voici, par exemple, quatre suggestions de mise en situation ; on peut faire preuve d'imagination et en trouver d'autres.
3ème étape
:
Des questions sont proposées pour mieux entrer dans les textes et guider la méditation.
Le plus grand effet de la miséricorde de Dieu vers lui, et la plus précieuse grâce qu'il lui puisse départir, c'est lorsqu'il lui donne des pasteurs et des prêtres selon son cur, qui ne cherchent que sa gloire et le salut des âmes. C'est le plus riche don et la plus signalée faveur que la divine bonté puisse faire à une Eglise, que de lui donner un bon pasteur, soit évêque, soit curé. Car c'est la grâce des grâces et le don des dons, qui comprend en soi tous les autres dons et toutes les autres grâces. Car qu'est?ce qu'un pasteur et un prêtre selon le cur de Dieu ? C'est un trésor inestimable, qui contient une immensité de biens. C'est un des trésoriers du grand Roi, entre les mains duquel il a mis les richesses infinies de sa miséricorde, pour les distribuer à tous et pour enrichir toutes les âmes qui s'en rendront dignes. (OC III 23-25)
Aussi il (le Christ) vous a choisis, afin que vous le serviez et aimiez par vous?mêmes, mais aussi afin que vous le fassiez servir et aimer par les autres, et qu'à cette fin vous annonciez à tout le monde les vertus, c'est?à?dire, les perfections et excellences, les mystères et merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres du péché et de l'enfer à son admirable lumière. Car celui qui a dit, parlant de soi?même " Je suis la lumière du monde ", vous dit aussi " Vous êtes la lumière du monde " ; et c'est à vous qu'il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux et de les manifester aux autres. C'est à vous que les trésors de la sagesse et de la science de Dieu sont ouverts, aussi bien que ceux de la grâce et de la miséricorde, afin que vous soyez dispensateurs des uns et des autres... (OC III, 8)
Vous êtes la partie la plus noble du Corps mystique du Fils de Dieu. Vous êtes les yeux, la bouche, la langue et le cur de l'Eglise de Jésus ; ou, pour mieux dire, vous êtes les yeux, la bouche, la langue et le cur de ce même Jésus. Vous êtes ses yeux : car c'est par vous que ce bon Pasteur veille continuellement sur son troupeau ; c'est, par vous qu'il l'éclaire et qu'il le conduit ; c'est par vous qu'il pleure celles d'entre ses brebis qui sont entre les griffes du loup infernal, et qu'il verse des larmes sur la mort de son cher Lazare, c'est-à-dire sur les âmes mortes par le péché. Vous êtes sa bouche et sa langue : car c'est par vous qu'il parle aux hommes, et qu'il continue à leur annoncer la même parole, et le même Évangile qu'il leur a prêché par lui-même, lorsqu'il était sur la terre. Vous êtes son cur : car c'est par vous qu'il donne la vraie vie, la vie de grâce en la terre et la vie de gloire au ciel, à tous les véritables membres de son corps. (OC III, 14.15)
1.2/ je suis établi pour continuer et accomplir la vie de Jésus Miséricorde Comme saint Paul nous assure qu'il accomplit les souffrances de Jésus?Christ, ainsi on peut dire en vérité qu'un vrai chrétien, membre de Jésus?Christ et uni avec lui par sa grâce, continue et accomplit, par toutes les actions qu'il fait en l'esprit de Jésus?Christ, les actions que Jésus?Christ a faites durant le temps de sa vie passible sur la terre. De sorte que, quand un chrétien fait oraison, il continue et accomplit l'oraison que Jésus?Christ a faite sur la terre ; lorsqu'il travaille, il continue et accomplit la vie laborieuse de Jésus?Christ ; lorsqu'il converse avec le prochain en esprit de charité, il continue et accomplit la vie conversante de Jésus-Christ ; lorsqu'il prend son repas ou son repos chrétiennement, il continue et accomplit l'assujettissement que Jésus-Christ a voulu avoir à ces nécessités ; et ainsi de toutes les autres actions qui sont faites chrétiennement. Vous voyez par là ce que c'est que la vie chrétienne : une continuation et un accomplissement de la vie de Jésus ; que toutes nos actions doivent être une continuation des actions de Jésus ; que nous devons être comme autant de Jésus sur la terre, pour y continuer sa vie et ses uvres, et pour faire et souffrir tout ce que nous faisons et souffrons, saintement et divinement, dans l'esprit de Jésus, c'est?à?dire dans les dispositions et intentions saintes et divines avec lesquelles Jésus se comportait dans ses actions et souffrances. (OC I, 165-166) (Les prêtres) sont Sauveurs du monde avec Jésus?Christ, et ils portent ce nom dans les saintes Écritures : Ascendent salvatores in montem Sion. Car le Fils de Dieu les associe avec lui dans cette belle qualité ; il veut qu'ils coopèrent avec lui au salut des âmes. À raison de quoi ils sont appelés dans la sacrée parole: Cooperatores Dei, Dei adjutores. Il veut qu'ils fassent l'office de sauveurs, et qu'ils soient employés à continuer et accomplir sur la terre le plus grand et le plus divin de tous ses uvres, qui est l'uvre de la Rédemption du monde : Sicut misit me Pater, et ego mitto vos. Et en effet c'est à l'accomplissement de ce grand uvre que sont employées toutes les fonctions sacerdotales et pastorales. C'est en cet uvre que notre Seigneur Jésus a employé tous les moments de son temps, toutes ses pensées, paroles et actions, tous ses travaux, ses sueurs, ses larmes, son sang et sa vie. C'est aussi à cet uvre que les prêtres, et beaucoup davantage ceux qui sont pasteurs, doivent donner tout leur cur, leur esprit, leurs pensées, leurs affections, tout leur temps, tout leur bien, toutes leurs forces et dix mille vies, s'ils les avaient... Autrement s'il vient à se perdre quelque âme par leur négligence, toutes les plaies que Jésus?Christ a souffertes pour le salut de cette âme, et toutes les gouttes de sang qu'il a répandues pour elle crieront vengeance contre eux à l'heure de leur mort et au jour du jugement. C'est ainsi qu'un prêtre est un Jésus?Christ vivant et marchant sur la terre. C'est pourquoi notre vie et nos murs doivent être une image vivante et parfaite, ou plutôt une continuation de la vie et des murs de Jésus?Christ. (OC III 188-189)
1.3/ je suis associé à l'uvre de miséricorde de la Trinité Je vous regarde et vous respecte comme les associés du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et en une manière la plus haute et la plus admirable qui se puisse dire. (...) Car le Père éternel vous associe avec lui dans la plus haute opération, qui est la génération ineffable de son Fils (...) puisqu'il vous donne le pouvoir de le former et de lui donner naissance dans les âmes chrétiennes (...) Le Fils de Dieu vous associe avec lui dans ses plus nobles perfections et dans ses plus divines actions : car il vous rend participants de sa qualité de médiateur entre Dieu et les hommes, de sa dignité de juge souverain de l'univers, de son nom et de son office de Sauveur du monde. (...) Le Saint-Esprit vous associe aussi avec lui en ce qu'il a opéré et en ce qu'il opère tous les jours de plus grand et de plus admirable : car pourquoi est-ce que le Saint- Esprit est venu en ce monde ? N'a-ce pas été pour dissiper les ténèbres de l'ignorance et du péché qui couvraient la terre, pour éclairer les esprits des hommes de la lumière céleste, pour réchauffer leurs curs du feu sacré de l'amour divin, pour réconcilier les pécheurs avec Dieu, pour effacer le péché, pour communiquer la grâce, pour sanctifier les âmes, pour établir l'Eglise, pour lui appliquer les fruits de la passion et de la mort de son Rédempteur, et enfin pour détruire et anéantir en nous le vieil homme, et pour y former et faire naître Jésus-Christ ? Or n'est-ce pas votre emploi et votre occupation ordinaire que de travailler en toutes les choses susdites ? N'êtes-vous pas envoyés de Dieu pour former son Fils Jésus dans les curs ? Et n'est-il pas vrai que toutes les fonctions ecclésiastiques n'ont point de moindre but que la formation et la naissance d'un Dieu dedans les âmes ? Si bien que vous avez une merveilleuse alliance avec les trois Personnes éternelles ; vous êtes les associés de la très sainte Trinité ; vous êtes les coadjuteurs et les coopérateurs du Tout-Puissant en ses plus grandes uvres... (OC III 15-16)
2/ Jean Eudes m'apprend quelle est ma mission : je suis envoyé continuer et accomplir la mission de Jésus, miséricorde de Dieu Nous sommes les Missionnaires de la divine miséricorde, envoyés par le Père des miséricordes pour distribuer les trésors de sa miséricorde aux misérables, c'est-à-dire aux pécheurs, et pour traiter avec eux avec un esprit de miséricorde, de compassion et de douceur. (OC X 399)
(Le prêtre) est un vrai père du peuple de Dieu, qui a un cur rempli d'amour vraiment paternel pour ses enfants : amour qui le presse de travailler sans cesse pour les nourrir du pain de la parole sacrée et des saints sacrements, pour les revêtir de Jésus-Christ et de son divin Esprit, pour les enrichir des biens célestes, et pour leur procurer tous les avantages possibles en ce qui regarde leur salut et leur éternité. Mais spécialement, c'est le père, l'avocat, le procureur, le protecteur, le défenseur des pauvres, des veuves, des orphelins, des étrangers, et le refuge de tous les misérables ; qui prend plaisir à converser avec eux, à les visiter et consoler, à les faire manger à sa table, à les y servir, à prendre leur cause en main, à conserver leurs intérêts, et à les défendre contre ceux qui les foulent et oppriment... (OC III, 25)
(Le prêtre a comme devoir de) se rendre le protecteur, le défenseur, le consolateur, le père et le refuge des pauvres, des veuves, des orphelins, de ceux qui sont indéfendus et oppressés, et de tous les misérables ; procurer qu'ils soient assistés dans leurs nécessités, mais spécialement qu'ils soient catéchisés, instruits et confessés aux principales fêtes de l'année ; visiter les prisonniers, et leur rendre la même assistance, et prendre soin de tous les affligés et désolés, pour les consoler et pour leur enseigner à faire bon usage de leurs afflictions. Avoir une charité particulière vers les malades, pour les visiter souvent, leur administrer les sacrements, leur donner toutes les instructions nécessaires, et spécialement pour les assister à l'heure de la mort ; et être toujours plus prompt et plus affectionné à rendre tous ces offices de charité aux petits qu'aux grands, et aux pauvres qu'aux riches. Faire tout notre pouvoir afin que ceux qui sont sous notre charge soient bien instruits de toutes les choses qu'un chrétien est obligé de croire, d'espérer et de faire pour être sauvé, et ce par le moyen des prédications, des catéchismes et des instructions familières, qu'il ne faut pas se contenter de faire en public et dans la chaire, mais aussi en particulier, dans les champs, dans les chemins, dans les maisons et en toute occasion, à l'imitation des premiers prêtres, desquels il est dit que : Omni die non cessabant, in templo et circa domos docentes et evangelizantes Christum Jesum (Ac 5, 42). (OC III, 40.41)
2.2 / l'Esprit Saint m'envoie former et faire vivre Jésus au cur du monde Jésus, Dieu et homme tout ensemble, étant tout en toutes choses, selon ce divin oracle de son grand Apôtre : Omnia in omnibus Christus. et spécialement devant être tout dans les chrétiens, comme le chef est tout dans ses membres, et l'esprit dans son corps, notre soin et occupation principale doit être de travailler de notre côté à le former et établir dedans nous, et à l'y faire vivre et régner; afin qu'il soit notre vie, notre sanctification, notre puissance, notre trésor, notre gloire et notre tout, ou plutôt afin qu'il vive en nous, qu'il y soit sanctifié et glorifié, et qu'il y établisse le Royaume de son Esprit, de son amour et de ses autres vertus. (OC I, 89) Or n'est?ce pas votre emploi et votre occupation ordinaire que de travailler en toutes les choses susdites ? N'êtes-vous pas envoyés de Dieu pour former son Fils Jésus dans les curs ? Et n'est?il pas vrai que toutes les fonctions ecclésiastiques n'ont point de moindre but que la formation et la naissance d'un Dieu dedans les âmes ? (OC III, 16)
Mais il ne veut pas faire ce grand uvre en vous, sans vous ; il veut vous associer avec lui dans les merveilleuses opérations de sa grâce en votre âme, par la fidélité que vous devez apporter à y coopérer de votre part. (OC VII, 108)
2.3 /
l'Esprit Saint m'envoie célébrer les sacrements, dons de la miséricorde Avoir une haute estime et un grand respect pour tous les sacrements, et
pour cette fin les regarder comme des moyens prodigieux et des inventions admirables
de la puissance, de la sagesse et de la bonté infinie du Père éternel,
desquels il se sert pour former, faire naître et faire vivre son Fils dans
les âmes chrétiennes ; pour l'y fortifier et faire croître
; pour l'y nourrir et perfectionner ; pour l'y ressusciter, lorsqu'il y est mort
par le péché ; pour l'y sanctifier ; pour multiplier ses sujets
et étendre son empire ; et pour lui donner enfin son dernier accomplissement
et sa parfaite consommation en chaque âme fidèle. (OC III, 73) Dispositions générales pour l'administration des Sacrements : 1. Adorer Notre-Seigneur Jésus-Christ comme l'auteur et l'instituteur du sacrement qu'on doit administrer. 2. Le remercier de toute la gloire qu'il a rendue à son Père, et de toutes les grâces qu'il a faites à son Eglise par ce sacrement. 3. Lui demander pardon de tout le déshonneur qu'il a reçu par les péchés qui ont été commis contre ce même sacrement. 4. Nous humilier devant Dieu, reconnaissant qu'étant ce que nous sommes, c'est-à-dire un néant tout rempli de péché, nous sommes infiniment indignes d'être les dispensateurs de ses mystères et de ses grâces. 5. Nous purifier de tout péché par l'esprit de pénitence ou par le sacrement, s'il en est besoin, afin de traiter saintement les choses saintes. 6. Nous donner à Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour entrer dans les saintes dispositions et intentions avec lesquelles il a établi le sacrement que nous allons administrer, et avec lesquelles il veut que nous l'administrions : comme aussi pour nous unir à toute la dévotion et sainteté avec laquelle il a été administré par tant de grands Saints. 7. Offrir à Notre-Seigneur, à sa très sainte Mère, aux saints Anges gardiens et aux Saints patrons du lieu, les âmes des personnes auxquelles nous avons à donner les sacrements, et les prier de les préparer à les recevoir dignement, et de conserver en elles la grâce qui leur sera donnée par les mêmes sacrements ; en sorte qu'ils perdent plutôt la vie que de perdre un si précieux trésor. 8. Après avoir conféré un sacrement, remercier Dieu derechef de la faveur qu'il nous a faite et de la grâce qu'il a communiquée à ceux qui l'ont reçu ; et le prier qu'il leur donne celle d'en faire tout le bon usage qu'il veut qu'ils en fassent. (OC III, 76.77)
1. Il doit y être tout revêtu de miséricorde et de compassion pour se charger, à l'imitation de Jésus-Christ, des misères des âmes, afin d'en avoir pitié, d'en demander pardon à Dieu pour elles, d'en faire pénitence, et de faire tout son possible pour les en délivrer. 2. Il doit y être tout fondu et abîmé dans l'humiliation, en la vue de sa propre misère, s'humiliant sans cesse, et reconnaissant devant Dieu que, s'il ne le gardait, il serait capable de tous les péchés qui se commettent au monde. Il se doit regarder dans tous les péchés et pécheurs qu'il entend, et doit voir en soi-même tous les criminels et tous les crimes de l'univers ; puisqu'il en porte le principe et la racine... (OC III, 81.82)
C'est une grande chose que la rémission du péché. Grande premièrement, de la part de Dieu, qui pardonne gratis le déshonneur infini qui est fait par le pécheur à sa divine Majesté. Grande secondement, de la part du pénitent, qui étant plongé par son péché dans un abîme de malheurs infiniment profond, en est retiré par la très douce main de la miséricorde de son Dieu. Grande en troisième lieu, de la part du don inestimable qui est fait au pécheur par la divine Bonté, laquelle, non contente de lui remettre ses crimes, le met au rang des amis et des enfants de Dieu. Grande en quatrième lieu, à raison de la manière en laquelle notre réconciliation se fait avec Dieu. C'est lui qui nous aime le premier, qui nous invite, nous exhorte et nous presse de le chercher et de nous convertir à lui. Ce Dieu d'amour et de miséricorde court après nous, dit saint Denys l'Aréopagite, lorsque nous le délaissons, nous poursuit avec un amour indicible, et nous prie de ne nous point séparer de celui qui nous recherche avec tant d'empressement... (OC VIII, 55.56)
4ème étape
:
Et pour cela, ils relisent les nº 25, 26 et 27 des Constitutions. Ils formulent les engagements qui feront d'eux des missionnaires de la miséricorde à la suite de saint Jean Eudes. Et ils se donnent à l'Esprit Saint : O mon Sauveur, je me donne tout à vous ; puisque vous m'avez rendu participant de vos plus hautes qualités, remplissez-moi aussi de votre divin Esprit et me revêtez de vos saintes vertus, afin que je travaille si soigneusement et si fidèlement à l'uvre de la Rédemption des âmes, que je puisse vous dire à la fin de ma vie ce que vous avez dit à votre Père à la fin de la vôtre : j'ai mené à bien l'uvre que tu m'avais confiée (Jn 17,4). (OC III, 189) | ||||