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| AGAPE Vivre à 4 temps ! Louer, rendre grâce, demander pardon et se donner
D'une part, il s'agit de vivre une rencontre avec Dieu et avec les autres
; cette expérience éveille la communion comme expression de la relation
fraternelle qui unit les uns aux autres les enfants de Dieu : en ce sens, c'est
une expérience partagée de son amour, e son Agapé. Alabanza Alléluia
! (louange)
La vie quotidienne, riche d'expériences nombreuses et diverses, constitue le lieu de rencontre avec le Seigneur. C'est le point de départ de l'exercice. Le lien entre la vie et la foi se produira grâce à un éclairage spirituel adéquat et à des temps de prière personnelle et communautaire à la fin de chacune des étapes de l'itinéraire eudiste. Pour être vraiment profitable, cet instrument exige par conséquent une participation active.
Cet instrument AGAPE comporte sept étapes :
L'animateur s'efforce de faire une synthèse, en soulignant les aspects saillants des diverses interventions. Finalement, il motive le groupe à la décision de vivre aujourd'hui le thème choisi
ALLELUIA ! Louange 1. Partage
d'expériences de louange, d'émerveillement dans la vie quotidienne Action de GRACE 1. Partage d'expériences d'action de grâce, de remerciement
dans la vie quotidienne ACCEPTATION de soi et demande de PARDON 1. Partager des expériences de pardon,
reçu ou donné, dans la vie quotidienne Don de soi et ENVOI pour la mission 1. Partage d'expériences de don de
soi, d'attentes missionnaires, dans la vie quotidienne
Eros, Philia et Agape L'amour appelé Eros est un amour enraciné dans la nature, dans la réalité biologique de l'être humain. Sa détermination première se trouve dans le désir. Platon parle de l'eros terrestre qui se manifeste, par exemple, lorsque nous désirons la beauté corporelle, et de l'eros céleste qui se manifeste lorsque nous renonçons aux désirs terrestres pour contempler la beauté universelle du monde des idées. Cet amour implique l'idée d'intérêt. Cet amour dépend de l'objet désiré. Le désir recherche son plaisir, sa propre satisfaction. On aime pour quelque chose. L'agapè, au contraire, aime pour aimer. On peut dire que l'agapè consiste à aimer sans intérêt, à aimer à cause de l'amour, comme dit saint Bernard : "J'aime parce que j'aime". Il n'y a pas de place pour la jalousie dans l'agapè : celui qui éprouve de la jalousie est possessif, il recherche son propre intérêt, la satisfaction de ses propres désirs. L'unique désir de l'agapè est de donner sans limite et sans rien attendre en retour. L'agapè ne contient pas l'idée de désir, ni l'idée de possession, ni l'idée de mérite, ni préférence, ni favoritisme. L'agapè trouve une bonne illustration dans la parabole du bon Samaritain. La philia est un amour de réciprocité : celui qui aime est aimé et celui qui est aimé aime. L'amour est réduit à un échange commercial, dans lequel les mérites réciproques, l'intérêt, la reconnaissance mutuelle jouent un rôle essentiel. La philia nous apprend à aimer nos amis et à haïr nos ennemis, selon le principe de réciprocité. L'amour est ici un moyen. C'est le principe de la loi du talion. L'agapè, au contraire, nous apprend à donner sans mesure, à aimer nos ennemis : "Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, que faites-vous d'extraordinaire ?" (Lc 6,32ss). L'amour philia et l'amour eros ne suffisent pas ; ils détruisent le monde, dévalorisent l'homme, tuent la grâce, nient la communion. Dans cet amour, il n'y a pas de véritable rencontre entre les personnes. Sur le chemin du plaisir infini, de l'intérêt, de la réciprocité, du désir infini que déploient la philia et l'eros, l'amour chrétien se révèle comme agapè, c'est-à-dire comme don gratuit. La vie est dans le don. Aimer, c'est faire que l'autre, à cause de ma gratuité, vive dans la gratuité. L'agapè est la loi nouvelle de l'Evangile (Rm 13,8-10), qui s'oppose à la loi ancienne et en dénonce le juridisme. La loi ancienne était écrite sur des tables de pierre et elle se trouvait enfermée dans le temple ; la loi nouvelle est écrite dans le cur de l'homme, à l'intérieur de son être. L'agapè ne diffère pas de la loi ancienne quant au contenu, mais quant à la manière de la mettre en pratique, de la traduire en actes. Nous devons comprendre en ce sens cette parole de Jésus : "Je ne suis pas venu abolir la loi, mais l'accomplir" (Mt 5,17). La loi ancienne, par exemple, émet des jugements (ici nous trouvons l'idée de mérite, de préférence, d'équivalence, de don en retour...) ; l'amour agapè n'émet pas de jugement. L'amour agapè prescrit seulement d'aimer gratuitement : "L'amour ne cherche pas son propre intérêt, il met sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L'amour ne passera jamais" (1Co 13,5-8). C'est pourquoi l'amour agapè se situe au-delà de toute justice. Il ne calcule pas, il ne garde en mémoire ni les bienfaits reçus, ni les offenses subies ; c'est pourquoi, comme chrétiens, nous devons pardonner soixante-dix fois sept fois. L'agapè est pur don et libéralité. Il appartient en propre à Dieu. L'agapè est en Dieu une plénitude qui jaillit de lui ; mais Dieu en rend les hommes participants, en leur donnant son propre Cur, dans son Fils. Le chrétien aime donc exactement comme Dieu aime, avec le propre Cur de Dieu : "Cet aimable Jésus, ayant voulu, par un excès de bonté incomparable, être notre chef et que nous soyons ses membres, nous a associés avec lui dans l'amour qu'il nous porte et il nous a donné par conséquent de pouvoir t'aimer, ô Dieu, du même amour dont il t'aime, c'est-à-dire d'un amour en quelque manière éternel, immense, infini" (saint Jean Eudes).
"Ce n'est pas sans raison que le Fils de Dieu, ayant dit dans son saint Evangile que le premier et le plus grand des commandements de Dieu est que nous l'aimions de tout notre cur, de toute notre âme et de toutes nos forces, nous déclare ensuite que le second commandement qui nous oblige à aimer notre prochain comme nous-mêmes, est semblable au premier. Car l'amour de Dieu et l'amour du prochain sont inséparables : ce ne sont pas deux amours, ce n'est qu'un seul et unique amour ; et nous devons aimer notre prochain du même cur et du même amour dont nous aimons Dieu, parce que nous devons l'aimer non pas en lui, mais en Dieu et pour Dieu ; ou pour mieux dire, c'est Dieu même que nous devons aimer dans le prochain. C'est ainsi que Jésus nous aime : il nous aime en son Père et pour son Père, ou plutôt il aime son Père en nous, et il veut que nous nous aimions les uns les autres, comme il nous aime. Ceci, dit-il, est mon commandement, que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés" (Jn 15,12).
1. Comment est vécu l'amour autour de nous ? Pourquoi ?
L'animateur conduit le groupe à enchaîner spirituellement chaque étape avec la suivante ; dans le cas présent, la louange à Dieu nous pousse à lui rendre grâce pour ses gestes d'amour incessants envers chacun de nous.
La
participation commence par la préparation en équipe des chants,
des lectures, des offrandes, des intentions de prière... Deux moments revêtent
une importance particulière : le partage des dons reçus de Dieu
tout au long de la rencontre (homélie) et les prières de don de
soi (après la communion) qui affirment la décision de renouveler
notre alliance baptismale. | ||||